L’huile de Baena, celle que je garde pour les jours où la cuisine veut respirer
Type : Nutrition
J’aime les gens qui donnent envie de baisser la garde, et j’ai un peu la même tendresse pour certaines huiles: celles qui n’en font pas trop, mais qui changent tout dès la première cuillère. L’Aceite de Baena, en AOP, fait partie de celles-là. Je la connais comme une huile espagnole de caractère, née autour de Baena, en Andalousie, dans cette lumière sèche et franche qui donne aux choses une présence très nette. Quand j’en parle, j’ai presque l’impression d’être posée là-bas, entre les oliviers, à l’endroit précis qu’on repère vers 37.615300, -4.326700, avec cette sensation que le paysage lui-même a quelque chose à transmettre avant même qu’on goûte. Ce que j’aime avec l’huile de Baena, c’est qu’elle trouve sa place toute l’année sans se faire oublier. Elle me suit dans les salades simples, sur une tomate encore tiède, dans un plat de légumes rôtis ou juste sur un morceau de pain quand j’ai besoin d’un repas sans façon mais pas sans plaisir. Et pourtant, il y a un moment où je la trouve encore plus parlante: de l’automne au printemps, après la récolte. À ce moment-là, elle a ce relief plus net qui me plaît tant, comme si les saveurs venaient de se remettre en ordre et qu’elles avaient décidé de parler plus clairement. Je la choisis alors pour cuisiner autant que pour finir un plat, parce qu’elle apporte une présence lumineuse, sérieuse, sans lourdeur. Dans mes habitudes, c’est le genre de produit que je garde pour ces moments où l’on veut quelque chose de simple mais juste, un déjeuner tranquille, un dîner à partager, une assiette improvisée qui gagne tout de suite en profondeur. L’AOP me rassure aussi: je sais d’où elle vient, je sais qu’elle porte une identité précise, celle de Baena et de son terroir andalou, et cette fidélité-là compte beaucoup pour moi. Il y a des produits qu’on achète pour remplir un placard, et d’autres qu’on prend parce qu’on sait qu’ils vont accompagner la saison, la table et l’humeur. L’huile de Baena fait clairement partie de ceux que je préfère retrouver quand la cuisine a besoin d’un accent sincère, solaire et durable.