Inconvenients
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Je crois encore aux rencontres qui font du bien, mais je sais aussi qu’elles ont parfois un coût discret, presque invisible au début. Dans DireOuPas, le tag Inconvénients me parle justement de ce contretemps du cœur que je connais bien : ce moment où une relation promet de la douceur, puis me demande d’accepter des frottements très concrets. Pour moi, l’inconvénient n’est pas seulement un désaccord ou une gêne passagère. C’est la fatigue de devoir expliquer qui je suis, encore et encore, quand je sens que l’autre me regarde à travers des attentes toutes faites. Comme lesbienne, j’ai appris que l’intime pouvait vite devenir un terrain d’ajustement permanent : choisir le bon moment pour dire les choses, mesurer la curiosité de l’autre, protéger ce qui est fragile sans fermer la porte à la sincérité. J’aime les liens francs, mais je découvre souvent qu’être franche demande du courage, parce que la vérité ne tombe jamais dans une pièce neutre. Je le vis aussi dans les gestes simples. Quand une histoire commence, je voudrais me laisser porter par la lumière, par la musique, par l’élan. Pourtant, il y a les malentendus, les rythmes décalés, les silences qui durent trop longtemps, les agendas qui s’entrechoquent, les messages relus dix fois parce que je cherche ce qui n’a pas été dit. Mon métier de médiatrice culturelle m’a appris à écouter les nuances, mais dans le domaine affectif, cette sensibilité me rend parfois plus vulnérable aux petites dissonances. Je peux trouver beau un lien très fort et, dans le même temps, sentir qu’il me demande beaucoup d’énergie pour rester juste. Alors je ne cache pas les inconvénients : je les nomme, parce qu’ils disent quelque chose de mon besoin de partages vrais. J’ai envie d’aimer sans me perdre, de rencontrer sans me trahir, et d’avancer avec quelqu’un qui comprend que la tendresse n’efface pas les obstacles, elle aide seulement à les traverser avec plus de douceur.