Trouver mon équilibre à table, sans perdre le goût
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Je n’ai jamais aimé les repas qui cherchent à me contraindre. Avec mon rythme de technicien son, mes horaires qui bougent et mes soirées parfois calées sur la danse et l’électro, je sais que l’équilibre ne ressemble pas à une règle parfaite. Pour moi, il tient plutôt dans une manière simple de rester à l’écoute de mon corps, sans me raconter d’histoires ni me mettre la pression. J’aime manger avec goût, mais j’aime encore plus quand ce que je mange m’aide à rester stable, lucide et bien dans ma peau. Dans LaBouffe, c’est exactement ce que je cherche à dire: je ne cours ni après la restriction, ni après l’excès, je cherche une forme de justesse qui me laisse respirer. Un plat qui réconforte sans alourdir, une assiette qui nourrit sans me vider de mon énergie, un repas qui me remet d’aplomb quand ma journée a été trop dense ou trop décalée. Je crois que mon rapport à la bouffe ressemble beaucoup à ma façon d’entrer en relation: j’ai besoin de respect, de finesse et d’un minimum de confiance. Si je sens le jugement, je me ferme vite; si je sens une intention sincère, je m’ouvre davantage. C’est pareil avec ce que je mange. Je préfère les habitudes tenues sur la durée aux grandes résolutions qui s’écroulent au premier écart. J’essaie de garder des repères souples, de laisser de la place au plaisir, et de ne pas confondre équilibre avec privation. Un bon repas, pour moi, c’est souvent celui qui colle à mon état du moment: quelque chose de simple quand je suis fatigué, quelque chose de plus vivant quand j’ai besoin d’élan, quelque chose de franchement gourmand quand je veux juste retrouver un peu de chaleur. Dans cette rubrique, je parle donc de cuisine et de nutrition comme je vis le reste: avec une sensibilité discrète, un besoin de confiance avant tout, et l’envie de rester juste, sans me trahir.