Masticha Chiou, le parfum discret de Chios que je retrouve toute l’année
Type : Nutrition
Je pense à la Masticha Chiou comme à un de ces ingrédients qui ne cherchent pas à impressionner d’emblée, mais qui finissent par marquer une cuisine. J’aime cette résine venue de Grèce, protégée en AOP, parce qu’elle porte vraiment son île de Chios, dans le Nord de l’Égée, avec une identité nette et presque intime. Quand on la découvre de près, on sent qu’elle appartient à un paysage précis, à une terre sèche, lumineuse, et à un savoir-faire patient qui ne se laisse pas confondre avec autre chose. Pour moi, c’est ce lien entre le lieu et le goût qui fait sa valeur, autant que sa rareté. J’aime la choisir de l’été à l’automne, au moment de la récolte, parce qu’elle raconte alors le plus clairement son origine, mais je la garde aussi en tête toute l’année, car elle trouve sa place dans la pâtisserie, les boissons et la cuisine avec une facilité presque rassurante. Dans un dessert simple, elle apporte une note résineuse, fraîche et légèrement boisée qui change tout sans écraser le reste. Dans une boisson, elle donne une impression de netteté et de profondeur que j’apprécie beaucoup. Et dans une cuisine lente, celle que j’aime accompagner d’un peu de jazz en arrière-plan, elle sait devenir un fil discret mais tenace, capable de relier des saveurs entre elles. J’aime cette polyvalence-là, très naturelle, presque humble, qui me parle autant au comptoir qu’à table. La Masticha Chiou est pour moi un produit à acheter au bon moment, quand la récolte revient entre l’été et l’automne, puis à garder sous la main le reste de l’année pour donner du relief à des gestes simples. Elle me rappelle qu’un aliment peut être à la fois ancré dans un territoire très précis et présent dans le quotidien, sans perdre son mystère ni sa douceur.