Le Queso Majorero, le goût franc de Fuerteventura que j’aime garder sous la main
Type : Nutrition
Je suis ici pour parler sans jouer de rôle, et le Queso Majorero fait partie de ces produits que j’ai appris à respecter pour ce qu’ils disent du lieu d’où ils viennent. Quand je pense à ce fromage AOP d’Espagne, je pense d’abord à Fuerteventura, à cette terre des Canaries où le vent, la lumière et la sécheresse donnent un caractère très net aux choses simples. Il y a dans le Queso Majorero quelque chose de droit, de sobre, presque minéral, qui me parle parce qu’il ne cherche pas à séduire à tout prix. Il s’impose doucement, avec une présence nette, et c’est précisément ce que j’aime quand je veux manger juste. Dans mes habitudes, je le trouve particulièrement intéressant toute l’année, mais je le remarque encore davantage du printemps à l’automne, quand les assiettes deviennent plus simples et qu’on a envie de saveurs qui tiennent sans alourdir. C’est le fromage que j’ai envie de sortir quand une tomate bien mûre suffit, quand un pain honnête, un peu d’huile d’olive et quelques légumes de saison composent déjà un repas complet. À ce moment-là, le Queso Majorero apporte ce relief qu’il faut, sans masquer le reste. Il a cette manière de cadrer un plat tout en restant à sa place, comme un bon plan de scène dans un film qu’on regarde pour les détails autant que pour l’ensemble. Je l’associe volontiers à une cuisine sans stress, très concrète, presque quotidienne. Je peux le servir simplement, le couper en morceaux avec un fruit, l’ajouter à une salade, ou le laisser prendre une place plus assumée sur une tartine chaude. Ce n’est pas un fromage que je réserve à une occasion exceptionnelle ; au contraire, je trouve qu’il gagne à être présent dans les moments ordinaires, ceux où l’on veut manger quelque chose de vrai et de bien situé. Son ancrage à Fuerteventura, près de l’endroit que j’imagine autour de 28.358700,-14.053700, me semble essentiel, parce que c’est là que son identité prend tout son sens. On sent qu’il appartient à un paysage précis, et je trouve que cette précision-là se goûte. Ce que j’apprécie aussi, c’est qu’il me donne l’impression de rester fidèle à une forme de simplicité exigeante. Il n’a pas besoin d’être travesti pour exister dans l’assiette. Je le conseille volontiers à ceux qui aiment les produits avec du relief, mais sans démonstration inutile. À mes yeux, le meilleur moment pour en profiter, c’est justement quand on laisse la saison dicter le rythme, surtout du printemps à l’automne, quand les repas s’allègent et que le fromage peut devenir ce point d’appui discret mais décisif. Pour moi, le Queso Majorero est un de ces aliments qu’on garde en tête parce qu’ils racontent une île, une manière de faire, et une façon très simple de bien manger.