Le pimenton de la Vera, celui que j’aime sortir quand l’automne commence à sentir bon
Type : Nutrition
J’ai un vrai faible pour le pimenton de la Vera, parce qu’il a cette façon très simple de réchauffer une assiette sans jamais l’écraser. C’est un produit AOP d’Espagne que je situe tout de suite dans ma tête du côté de Jaraiz de la Vera, en Estrémadure, là où le paysage et les gestes de cuisine ont l’air de se répondre depuis longtemps. Quand j’y pense, je n’ai pas en tête un condiment abstrait, mais une poudre rouge qui raconte la patience de la récolte, le temps du séchage, puis le moment où on la laisse enfin entrer dans la cuisine. C’est justement de la fin de l’été à l’hiver que je l’aime le plus, quand les plats commencent à demander plus de rondeur, plus de profondeur, et qu’on a envie de remettre un peu de soleil dans une soupe, des légumes rôtis, une poêlée ou un plat mijoté. Je trouve qu’il faut le choisir et l’utiliser à ce moment-là, quand la saison bascule et que les repas gagnent en densité, parce que son parfum fumé prend alors toute sa place. Pour moi, il a quelque chose de rassurant et de vivant à la fois, comme un produit qu’on garde près de soi parce qu’il sait toujours rendre service sans faire de bruit. Je l’associe volontiers aux cuisines de fin de journée, aux maisons où ça mijote, aux tables où l’on prend le temps, et à cette idée très simple que le meilleur assaisonnement est souvent celui qui donne envie de s’attarder encore un peu.