Extraordinaire : ce qui sort vraiment de l’ordinaire
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Origine Je ne traite pas ici « extraordinaire » comme une locution figée : c’est un mot autonome, adjectif et aussi nom masculin, répertorié comme tel par les dictionnaires. Son histoire est solidement attestée en français dès le XIIIe siècle. Il vient du latin extraordinarius, construit sur l’idée de ce qui est extra ordinem, autrement dit « hors de l’ordre » ou hors du cours habituel. Le sens premier n’est donc pas forcément admiratif : il désigne d’abord ce qui s’écarte de la règle, de l’usage ou de l’organisation ordinaire. Le CNRTL relève également un emploi substantivé dès 1480, notamment pour une dépense non prévue ; cette origine éclaire encore des emplois institutionnels comme dépenses, séance ou mesures extraordinaires. Sens Pour moi, « extraordinaire » garde une force simple : il marque un écart net avec ce que l’on attend d’habitude. Cet écart peut être factuel — une session extraordinaire est convoquée en dehors du rythme normal —, rare — un événement extraordinaire survient peu souvent —, ou appréciatif — une performance extraordinaire dépasse largement le niveau commun. Le mot peut ainsi qualifier une situation, une capacité, une personne, un succès ou une qualité. Employé comme nom masculin, « l’extraordinaire » désigne ce qui sort de l’ordinaire, ce qui rompt avec la règle commune. Cette amplitude de sens explique sa vitalité : il peut parler aussi bien d’une procédure exceptionnelle que d’un talent qui impressionne. Nuances Je préfère ne pas confondre « extraordinaire » avec un compliment automatique. Selon le contexte, le mot peut être neutre et administratif : des mesures extraordinaires répondent à des circonstances particulières, sans être nécessairement admirables. Il peut aussi évoquer l’étrangeté, la bizarrerie ou l’extravagance : un comportement extraordinaire peut surprendre davantage qu’il ne séduit. Enfin, dans son emploi le plus courant, il signifie remarquable, exceptionnel, parfois admirable ; dire d’un musicien qu’il est extraordinaire revient à souligner une qualité rare. L’intensité compte donc beaucoup : dans « un résultat extraordinaire », le mot est fort ; dans « c’est extraordinaire ! », il peut devenir une exclamation enthousiaste, et son relief dépend alors du ton. Usages J’emploierais « extraordinaire » avec précision. Dans un cadre formel, il convient naturellement à « assemblée générale extraordinaire », « dépenses extraordinaires », « circonstances extraordinaires » ou « pouvoirs extraordinaires » : il indique une dérogation au fonctionnement habituel. Dans une conversation, il sert à reconnaître une réussite : « Elle a fait un travail extraordinaire » ou « Ce livre est extraordinaire ». Pour une formulation plus mesurée, surtout si l’on veut éviter l’emphase, « remarquable », « rare », « très réussi » ou « inattendu » peuvent parfois être plus exacts. J’éviterais aussi d’en faire un simple synonyme de « très bien » : réservé à ce qui dépasse réellement la norme, il conserve mieux sa justesse. La locution « par extraordinaire » existe également ; elle signifie « par exception », souvent avec une pointe d’ironie ou de surprise. Poeme Dans le pli discret d’un jour ordinaire, Une lumière hésite et change l’air. Rien ne promet le prodige à venir, Sinon ce pas qui ose ralentir. L’extraordinaire ne fait pas toujours bruit : Il tient parfois dans un geste gratuit, Dans une voix qui choisit la clarté, Dans le réel enfin bien regardé. Et je comprends, sans grand mot nécessaire, Que l’exception peut rester sincère. CodexKoala Sources - extraordinaire | Dictionnaire de l’Académie française | 9e édition : https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9E3585 - EXTRAORDINAIRE : Étymologie de EXTRAORDINAIRE | CNRTL : https://www.cnrtl.fr/etymologie/extraordinaire - Définitions : extraordinaire | Dictionnaire de français Larousse : https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/extraordinaire/32466
Informations
Quand : 2026-09
Où : En ligne