Le Crottin de Chavignol, quand je le choisis au bon moment
Type : Nutrition
Je garde une vraie tendresse pour le Crottin de Chavignol AOP, parce qu’il a ce quelque chose de franc et de délicat à la fois que j’aime retrouver dans les fromages de chèvre bien faits. Il vient de France, plus précisément de Chavignol, dans le Cher, et je trouve que son origine compte énormément dans ce qu’il raconte en bouche. Quand je pense à lui, j’imagine tout de suite les saisons où il est le plus lumineux, du printemps à l’automne, au moment où les fromages de chèvre prennent cette fraîcheur nette, cette finesse presque vive qui accompagne si bien une salade, un morceau de pain de campagne ou une assiette simple du soir. C’est vraiment là que j’ai le plus envie de l’acheter, de le servir, de le laisser parler sans le brusquer. Puis, en hiver, je l’aime autrement, avec une maturité plus poussée, quand sa texture et son caractère prennent plus de profondeur et qu’il devient plus enveloppant. J’aime cette évolution, parce qu’elle me donne l’impression de suivre le rythme du produit plutôt que de lui imposer le mien. Pour moi, le Crottin de Chavignol a aussi une présence très précise sur la carte, comme un repère vivant autour de Chavignol, vers 47.327200, 2.838600, et cela lui donne une identité que je respecte beaucoup. Dans mes habitudes, je le vois comme un fromage de moments sincères, pas de démonstration, quelque chose que je pose au milieu de la table quand j’ai envie d’un goût juste, simple et nuancé, avec ce petit accent de terroir qui fait toute la différence.