Barcelone en bord de mer, ma tortilla espagnole
Article
Dans LaBouffe, je reviens souvent à une recette qui dit exactement ce que je cherche quand je cuisine : du vrai, du simple, du partage. Je pense à Barcelone en bord de mer, à cette lumière qui donne envie de manger sans se presser, et je prépare une tortilla española comme je l’aime, généreuse, dorée, rassurante. Je n’y vois pas seulement un plat typique de l’Espagne ; j’y vois une façon très juste d’aligner le goût, le rythme et l’équilibre, avec peu d’ingrédients mais une attention entière. C’est le genre de recette que je choisis quand je veux nourrir la tendresse autant que l’appétit. Je prends des pommes de terre, des œufs, un oignon si j’ai envie d’une douceur plus ronde, de l’huile d’olive et du sel. Je coupe les pommes de terre en fines tranches ou en petits morceaux réguliers, puis je les laisse fondre doucement dans l’huile d’olive à feu moyen, avec l’oignon émincé, jusqu’à ce qu’elles deviennent tendres sans colorer trop fort. Je les égoutte bien, puis je bats les œufs avec une pincée de sel avant d’y mêler les pommes de terre encore chaudes. Je laisse l’ensemble se reposer un instant, parce que je trouve que la tortilla gagne en tenue quand je lui laisse ce temps-là. Ensuite, je la verse dans une poêle chaude légèrement huilée et je la cuis à feu doux, en la retournant avec calme quand le dessous est pris et que le centre reste encore moelleux. Je cherche cette texture à la fois souple et fondante, celle qui fait qu’une simple part peut devenir un vrai moment. Je sers la tortilla tiède ou à température ambiante, avec une salade, un peu de pain, parfois seule quand je veux rester dans la sobriété lumineuse de la cuisine espagnole. J’aime cette recette parce qu’elle me ressemble dans ce qu’elle assume : peu d’effets, beaucoup de présence. Dans LaBouffe, je défends ce genre de cuisine-là, celle qui rassemble sans forcer, qui nourrit avec élégance, et qui laisse toujours une place au plaisir.
Information
Where: Espagne