Trithérapies
Type : Passe, present, futur...
L'histoire de la trithérapie du sida est marquée par des avancées médicales majeures et des défis persistants. L'azidothymidine (AZT) a été synthétisée dès 1964 dans le cadre de la recherche de nouveaux médicaments anticancéreux. Cependant, ce n'est qu'en 1985 que H. Mitsuya découvre son activité sur une culture de virus « HTLV-III ». En 1986, l'AZT devient le premier médicament actif dans la lutte contre le virus de l'immunodéficience humaine (VIH). Les années 1987 à 1995 voient le développement d'autres inhibiteurs nucléosidiques ou non nucléosidiques de la transcriptase inverse. L'idée de combiner plusieurs médicaments s'impose en 1990, grâce aux travaux de R. Yarchoan et S. Broder. La découverte d'une nouvelle cible antivirale enzymatique, l'aspartyl-protéase, ouvre la voie à la trithérapie : les antiprotéases bloquent la maturation des particules virales. Les premières synthèses ont lieu en 1993 sur la base des études cristallographiques du site actif de l'enzyme, marquant l'entrée de la bio-informatique dans le domaine de la découverte des médicaments. Successivement, le ritonavir (1996), l'indinavir (1996), le nelfinavir (1997), le saquinavir (1998), l'amprénavir (2000) et le lopinavir (2001) sont mis sur le marché. Les résultats cliniques sont spectaculaires lorsque un inhibiteur de protéase est associé à deux inhibiteurs de transcriptase inverse, donnant naissance à la trithérapie. Malheureusement, le virus n'est pas éradiqué. Si la mortalité a considérablement diminué, c'est au prix d'effets indésirables parfois difficiles à supporter.