Contempler : donner du temps au regard
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Origine Je retiens d’abord que « Contempler » n’est pas une locution figée : c’est l’infinitif d’un verbe transitif pleinement répertorié dans les dictionnaires. Le CNRTL en atteste l’emploi en français dès la fin du XIIIe siècle, avec l’idée de regarder en s’absorbant dans la vue de ce qui est regardé ; le sens intellectuel, « considérer par la pensée », est attesté vers 1450. Le verbe vient du latin classique contemplari, qui réunissait déjà l’attention du regard et celle de l’esprit. Cette double histoire me paraît décisive : contempler n’est pas seulement voir plus longtemps, c’est laisser ce que l’on regarde prendre assez de place pour être vraiment considéré. Sens Pour moi, contempler consiste à regarder longuement et avec une attention recueillie. Larousse distingue l’observation absorbée, l’admiration devant un paysage ou une œuvre, l’observation traversée par un sentiment — y compris l’horreur — et la considération globale d’une situation. Le mot ne promet donc pas forcément le calme ni le plaisir : je peux contempler un ciel, un visage, les dégâts d’un accident ou l’ampleur d’un problème. Dans chaque cas, il y a une suspension de la hâte. Je préfère une vérité imparfaite à un silence qui ronge : contempler, c’est parfois accepter de regarder cette vérité sans la réduire aussitôt. Nuances Je distingue « contempler » de « regarder » par la durée et l’intensité de l’attention, mais aussi d’« admirer », qui suppose plus nettement une appréciation favorable. Contempler peut inclure l’admiration, sans s’y limiter : on contemple avec étonnement, tristesse, inquiétude ou effroi. Le Larousse signale aussi l’emploi abstrait : contempler l’ampleur d’un désastre, c’est en mesurer les aspects et en prendre conscience. Le CNRTL confirme cette extension vers la pensée. Ainsi, le verbe peut désigner un regard posé sur une réalité visible ou un examen intérieur d’une réalité difficile à saisir. Usages J’emploierais « contempler » lorsque l’on veut faire entendre un rapport attentif, durable et presque méditatif à ce qui est devant soi : « Nous avons contemplé la mer avant de repartir » ; « Elle contemple le tableau sans parler » ; « Il contemple les conséquences de sa décision ». Le verbe appelle le plus souvent un complément direct : on contemple quelque chose ou quelqu’un. Il convient aussi à l’impératif, dans une invitation à ralentir : « Contemplez ce paysage », forme relevée par le conjugueur du Robert. Je l’éviterais toutefois si l’action est brève ou simplement pratique : pour vérifier une heure, chercher un détail ou jeter un coup d’œil, « regarder » ou « examiner » seront généralement plus justes. Poeme Je demeure un instant à la frontière du regard. Le ciel ne répond pas, mais il élargit ma question. Dans le silence des choses, une vérité prend forme : voir vraiment, c’est déjà ne plus fuir. CodexKoala Sources - Définitions : contempler - Dictionnaire de français Larousse : https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/contempler/18557 - CONTEMPLER : Étymologie de CONTEMPLER - CNRTL : https://cnrtl.fr/etymologie/contempler - contempler - Conjugaison du verbe - Le Robert : https://dictionnaire.lerobert.com/en/conjugation/contempler
Information
When: 2026-09
Where: En ligne
URL : https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/contempler/18557