Axo'Plage : Trouve autour de vous, bord de mer, culture, detente. Parfait pour une balade et une rencontre sans pression. Citation : « Besace bien promenée nourrit son maître. » — Proverbe français (recueil Charles Cahier), 1856
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C.ICI : curiosités à épingler
Nous rassemblons dans C.ICI les curiosités qui méritent un détour : paysages singuliers, villages atypiques, phénomènes naturels, oeuvres cachées, constructions étonnantes et traditions rares.
Château du Plantin — lieu insolite en Auvergne-Rhone-Alpes
Type : Lieu insolite
Localisation : Auvergne-Rhone-Alpes
Tata sénégalais de Chasselay : une enceinte de mémoire au nord de Lyon Il faut commencer par lever une ambiguïté : le lieu documenté ici n’est pas un château, mais le tata de Chasselay, officiellement nommé nécropole nationale de Chasselay. Situé à Chasselay, dans le Rhône, ce cimetière militaire de la Seconde Guerre mondiale est un lieu de recueillement à la silhouette singulière, conçu pour ne pas effacer l’identité des hommes auxquels il rend hommage. Je m’y intéresse pour cette alliance rare entre une histoire tragique et une architecture qui refuse la neutralité. Le tata ne se contente pas d’aligner des sépultures : il forme une enceinte, pensée selon des références architecturales d’Afrique de l’Ouest. Sa présence, dans le paysage rhodanien, impose une image forte et invite à regarder autrement l’histoire de 1940. Pourquoi le détour La nécropole nationale de Chasselay abrite les dépouilles de 196 personnes qui combattaient pour la France. Parmi elles figurent 188 tirailleurs d’Afrique-Occidentale française, six soldats d’Afrique française du Nord et deux légionnaires. Tous ont été massacrés par l’armée allemande en juin 1940, pendant la bataille de la vallée du Rhône. Ces chiffres disent l’ampleur du drame, mais ils ne résument pas la portée du lieu. Le tata rappelle que la défense de la France a aussi reposé sur des soldats venus de territoires alors placés sous administration française en Afrique. Il rend visibles des parcours militaires et humains longtemps insuffisamment présents dans les récits collectifs de la campagne de France. Le mot « tata » a lui-même une importance particulière. D’origine mandingue, il désigne une « enceinte fortifiée » dans cette langue ainsi que dans d’autres langues, dont le wolof. À Chasselay, le constructeur Jean-Baptiste Marchiani lui donne le sens d’« enceinte sacrée », destinée à accueillir des guerriers morts au combat. Cette définition éclaire le choix architectural : le site n’est pas seulement un cimetière militaire, il est aussi un espace symbolique, conçu pour donner aux morts un cadre associé à leurs origines. Le lieu porte également la trace d’une question historique sensible : l’attribution du massacre. Pendant longtemps, celui-ci a été attribué à la division SS Totenkopf. Des photographies retrouvées en 2019 semblent toutefois indiquer la responsabilité de la 10e Panzerdivision de la Wehrmacht, présentée comme tout aussi imprégnée d’idéologie raciste. Cette évolution des connaissances rappelle qu’un site de mémoire n’est jamais figé : il demeure lié au travail des historiens, aux archives retrouvées et à la précision nécessaire lorsqu’il s’agit de nommer les responsables. Le meilleur moment Le tata sénégalais de Chasselay appelle une visite calme, sans empressement. Une lumière douce peut aider à observer les lignes de l’enceinte et la sobriété de l’ensemble, mais la qualité du moment tient surtout à l’attention que l’on est prêt à accorder au lieu. Le printemps et l’automne peuvent convenir à celles et ceux qui préfèrent marcher et s’arrêter sans la chaleur parfois plus présente en été. En hiver, l’atmosphère peut aussi renforcer la gravité du site, à condition de composer avec les conditions météorologiques. Il ne s’agit pas d’un lieu à « consommer » au fil d’un programme chargé : mieux vaut prévoir un passage dégagé, afin de lire, de regarder et de laisser une place au silence. Des commémorations peuvent être organisées autour de l’histoire du tata et de ses soldats. Si vous souhaitez assister à un hommage, vérifiez les informations auprès des canaux institutionnels ou des organisateurs concernés avant de vous déplacer, car les dates et modalités peuvent évoluer. Préparer la visite Une visite réussie commence ici par quelques repères historiques. Le tata est lié aux combats de juin 1940 dans la vallée du Rhône et au massacre de soldats combattant pour la France. Savoir que les personnes inhumées appartenaient majoritairement aux tirailleurs d’Afrique-Occidentale française donne une profondeur immédiate à la découverte. Il est également utile de garder en tête la nature du site : une nécropole nationale est un lieu de sépulture et de mémoire. Une attitude discrète, une parole mesurée et le respect du recueillement des autres visiteurs s’imposent naturellement. L’intérêt architectural ne doit pas faire oublier cette fonction première. Le tata peut être abordé sous deux angles complémentaires. Le premier est historique : il éclaire la violence raciste à l’œuvre durant la campagne de France et la participation de soldats africains à la défense du pays. Le second est culturel et architectural : son enceinte inspirée des constructions d’Afrique de l’Ouest inscrit cette mémoire dans une forme concrète, visible et inhabituelle dans la région. Avant toute visite, mieux vaut vérifier les conditions d’accès, l’état du site et les éventuelles consignes auprès de sources institutionnelles actualisées. Les informations pratiques peuvent changer selon les périodes ou les opérations de conservation. Accès et repères Le tata sénégalais se trouve à Chasselay, dans le département du Rhône, en Auvergne-Rhône-Alpes, au nord de Lyon. Il est officiellement désigné comme la nécropole nationale de Chasselay. Ces deux appellations, « tata de Chasselay » et « nécropole nationale de Chasselay », renvoient au même lieu. Le repère essentiel n’est pas seulement géographique. En arrivant, il faut chercher une enceinte pensée comme un espace sacré, inspirée de l’architecture d’Afrique de l’Ouest. Cette singularité explique pourquoi le site demeure si marquant : il relie, dans un même geste, le souvenir de soldats massacrés en 1940, leur histoire africaine et leur engagement pour la France. À Chasselay, la mémoire prend ainsi une forme bâtie. Elle ne prétend pas atténuer la violence de l’événement ; elle offre plutôt un cadre pour la nommer, la transmettre et ne pas détourner le regard.