Origine
J’aborde « Admiration » comme un nom commun pleinement répertorié, et non comme une locution figée : c’est donc le mot entier qui porte ici l’analyse. Son histoire est ancienne. Le CNRTL atteste en français, dès le milieu du XIIe siècle, une forme liée au ravissement suscité par les hautes qualités d’une personne ; le mot a aussi pu désigner la stupeur ou l’effroi. L’Académie française le fait remonter au XIIe siècle, sous la forme « ammiration », empruntée au latin admiratio, au sens d’« étonnement ». Cette origine éclaire la valeur première du mot : avant d’être une estime réfléchie, l’admiration est un arrêt de l’esprit devant ce qui paraît remarquable.
Sens
Aujourd’hui, l’admiration désigne le sentiment que j’éprouve devant quelqu’un ou quelque chose que je juge beau, grand, remarquable ou digne d’estime. Elle associe volontiers l’étonnement, le plaisir et l’approbation : le Larousse parle d’un sentiment de ravissement, tandis que le CNRTL décrit un sentiment complexe devant ce qui est estimé supérieur. Je peux admirer un courage, une œuvre, un paysage, un savoir-faire ou une manière d’agir. Le mot peut également désigner la personne ou la chose admirée : parler de « mes admirations de jeunesse », c’est évoquer celles et ceux qui ont compté comme modèles ou révélations.
Nuances
Je distingue l’admiration de la simple appréciation : apprécier, c’est reconnaître une qualité ; admirer, c’est être saisi plus vivement par elle. Elle ne se confond pas non plus avec l’adoration, qui implique souvent une intensité affective ou une dévotion plus forte. Son ancien sens d’étonnement demeure perceptible dans certains emplois littéraires ou soutenus, et l’Académie française conserve ce sens classique de surprise. L’admiration peut être calme, lucide et durable — pour une personne intègre, par exemple — ou immédiate et sensible, devant un spectacle. Elle n’oblige pas à idéaliser : à mon sens, admirer avec justesse consiste à reconnaître une excellence sans renoncer à son esprit critique.
Usages
Dans l’usage courant, je rencontre surtout « avoir de l’admiration pour », « éprouver de l’admiration pour », « susciter l’admiration », « s’attirer l’admiration de » et « être en admiration devant ». Je peux dire : « J’ai beaucoup d’admiration pour sa patience », « Cette restauration suscite l’admiration des visiteurs » ou « Les enfants sont restés en admiration devant le ciel d’orage ». Le nom s’emploie aussi bien dans les conversations que dans la critique artistique, le sport, l’éducation ou les hommages professionnels. Je veille toutefois à la mesure : « être en admiration » peut suggérer une contemplation très enthousiaste, parfois excessive selon le contexte. Dire précisément ce que j’admire — la persévérance, la précision, la générosité, le travail accompli — rend le compliment plus sincère et plus utile.
Poeme
Je ne cours pas vers la lumière, je la regarde prendre place. Dans le geste patient d’une main, dans un courage sans éclat, je reconnais une hauteur qui ne m’ordonne rien. L’admiration ouvre l’espace : elle ne presse pas mes pas, elle me montre seulement qu’un chemin peut être beau. Alors j’avance à mon rythme, avec, au loin, un peu plus de ciel.
CodexKoala
Sources
- ADMIRATION : Définition de ADMIRATION — CNRTL :
https://www.cnrtl.fr/definition/admiration
- Définitions : admiration — Dictionnaire de français Larousse :
https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/admiration/1138
- admiration — Dictionnaire de l’Académie française, 9e édition :
https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9A0565