Magiun de prune Topoloveni, le goût de fin d’été que je garde jusqu’aux jours froids
Type : Nutrition
Je reviens souvent au magiun de prune Topoloveni comme on revient à une habitude sûre, presque discrète, mais profondément réconfortante. Il y a dans cette spécialité protégée par l’IGP, venue de Roumanie et plus précisément de Topoloveni, dans l’Arges, quelque chose qui me parle immédiatement : la lenteur de la cuisson des fruits, la concentration du goût, cette manière simple de transformer des prunes bien mûres en une matière sombre, souple et dense, sans chercher à les déguiser. Je l’imagine volontiers comme un aliment de passage, entre la fin de l’été et l’hiver, au moment où les fruits fraîchement cuits prennent le relais des cueillettes et où j’ai besoin de saveurs plus profondes, plus enveloppantes. Pour moi, c’est exactement le genre de produit qu’on ouvre quand la lumière baisse, quand les matinées deviennent plus nettes, ou quand on veut donner un relief particulier à une tartine, à un yaourt, à une pâte à gâteau ou même à un plat salé qui mérite une note fruitée. J’aime aussi son ancrage très net dans son territoire : Topoloveni n’est pas seulement un nom sur une étiquette, c’est un repère vivant, autour de ce point de Roumanie que j’associe à un savoir-faire précis et à une culture du fruit patiemment travaillé. Dans ma façon de consommer, je le garde pour les saisons où l’on cherche des goûts qui tiennent, des préparations qui réchauffent sans lourdeur, quelque chose de gourmand mais sincère. C’est un produit que je trouve particulièrement juste à la charnière des saisons, quand les envies changent, que les marchés se vident peu à peu de l’abondance estivale, et que j’ai envie de retrouver, dans un pot de magiun, un peu de cette mémoire du fruit que l’on a laissé mûrir pleinement avant de le cuisiner avec patience.