Poser un lapin : l’absence qui laisse l’autre attendre
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Origine Je retrouve une locution verbale bien établie, familière et figurée. Les sources situent son histoire dans l’argot de la seconde moitié du XIXe siècle : « poser un lapin » a d’abord désigné le fait de ne pas payer une prostituée après ses faveurs, autrement dit de la laisser attendre un paiement promis. Les explications historiques rapprochent cette image d’un « lapin » impossible à gagner dans certains jeux de foire, puis décrivent un glissement vers l’idée plus générale d’une attente déçue. Le sens moderne — manquer un rendez-vous — est attesté à la même époque et s’est imposé par extension. L’origine précise de l’image reste donc à présenter avec prudence : le parcours argotique et le changement de sens sont documentés, mais les hypothèses sur l’image initiale ne doivent pas être transformées en certitude. Sens Aujourd’hui, poser un lapin à quelqu’un, c’est ne pas se présenter à un rendez-vous convenu, de sorte que l’autre personne attend en vain. La construction la plus naturelle est « poser un lapin à quelqu’un » : « Il m’a posé un lapin. » L’expression désigne moins un simple retard qu’une absence qui rompt l’engagement du rendez-vous. Elle est classée comme familière et idiomatique : son sens ne se déduit pas littéralement de l’action de poser ni de l’animal. En anglais, Larousse la rend par « to stand somebody up », ce qui confirme bien cette idée d’une personne laissée seule au rendez-vous. Nuances Je distingue « poser un lapin » de « se décommander ». Se décommander consiste à annuler ou prévenir, parfois tardivement ; poser un lapin implique habituellement que l’autre n’a pas été averti et a été laissé dans l’attente. « Faire faux bond » est un synonyme proche, un peu plus large et souvent moins imagé ; il peut concerner une promesse, une aide ou une présence attendue, pas seulement un tête-à-tête. L’expression peut s’employer pour un rendez-vous amoureux, amical, médical ou professionnel, même si son ton familier la rend moins adaptée à une formulation institutionnelle. Dire « on m’a posé un lapin » met naturellement l’accent sur l’expérience de celui ou celle qui attend, avec une pointe de déception, d’agacement ou d’humour selon le contexte. Usages Dans une conversation naturelle, je l’emploierais ainsi : « J’ai attendu devant le café une demi-heure : Camille m’a posé un lapin » ; « Préviens-moi si tu ne peux pas venir, ne me pose pas un lapin » ; « Le patient a posé un lapin au cabinet. » La forme plurielle existe aussi : « Il pose souvent des lapins. » Je recommande toutefois de mesurer la gravité du contexte : une absence causée par une urgence, un oubli sincère ou un problème de réseau n’est pas forcément un lapin, surtout si la personne prévient dès qu’elle le peut. Au travail ou dans un message formel, je préférerais souvent « ne pas honorer le rendez-vous » ou « ne pas se présenter au rendez-vous » : c’est plus neutre et cela évite de faire jouer un personnage accusateur là où les faits suffisent. Poeme Sous l’horloge, la chaise garde La forme calme d’un espoir. Un message muet s’attarde, La rue se vide avant le soir. Nul lapin ne traverse la table, Seulement l’absence, sans bruit. Alors je pars, plus véritable : On peut attendre, puis choisir sa nuit. CodexKoala Sources - Quelle est l’origine de l’expression « poser un lapin » ? — Eurêkoi, Bibliothèque publique d’information : https://www.eurekoi.org/quelle-est-lorigine-de-lexpression-poser-un-lapin/?print=pdf - poser un lapin — Dictionnaire des expressions françaises, Expressio : https://www.expressio.fr/expressions/poser-un-lapin - poser un lapin — Wiktionnaire : https://fr.wiktionary.org/wiki/poser_un_lapin - Traduction de lapin — Dictionnaire français-anglais Larousse : https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais-anglais/lapin/46166
Informations
Quand : 2026-09
Où : La Celle-sous-Gouzon — Nouvelle-Aquitaine
URL : https://www.eurekoi.org/quelle-est-lorigine-de-lexpression-poser-un-lapin/?print=pdf