Admirer, regarder plus haut sans fermer les yeux
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Origine Je ne traite pas ici une locution figée, mais le verbe entier « admirer », répertorié comme entrée lexicale autonome. Son histoire conserve la trace d’un sens d’abord voisin de l’étonnement : l’Académie française relève l’ancien « amirer » au XIVe siècle, puis « admirer » au XVIe siècle, emprunté au latin admirari, « s’étonner ». Le CNRTL documente notamment un emploi français dès 1360 au sens de faire cas de quelqu’un, puis, au XVIe siècle, celui d’éprouver de l’admiration. J’y vois un mot qui n’a jamais tout à fait perdu son premier mouvement : avant de louer, on est saisi. Sens Admirer, c’est considérer une personne, une œuvre, une qualité ou un spectacle avec émerveillement. Ce n’est pas seulement trouver quelque chose agréable : le mot suppose que l’on reconnaît une forme de beauté, de grandeur, de talent ou de valeur. On peut admirer un paysage, le courage d’une collègue, la précision d’un artisan ou le travail d’un artiste. Pour moi, admirer reste un geste honnête : il consiste à donner sa juste place à ce qui nous dépasse ou nous inspire, sans prétendre le posséder. Nuances Le verbe a deux grands visages. Le plus courant exprime une admiration positive, un étonnement mêlé de plaisir et d’approbation. Mais « admirer » peut aussi signifier « trouver étonnant », parfois avec une pointe d’ironie ou de désapprobation : « J’admire sa patience » peut être sincère, tandis que « J’admire qu’il ait choisi cette solution » peut laisser entendre mon scepticisme. L’Académie marque ce dernier emploi comme classique lorsqu’il signifie « trouver étrange », et Larousse confirme la possibilité d’un étonnement mêlé d’admiration ou, ironiquement, de réprobation. Admirer n’est donc pas exactement aimer : on peut admirer une personne sans partager sa vie, ni même approuver tous ses choix. Usages J’emploierais volontiers « admirer » dans un contexte artistique, professionnel, scientifique ou personnel, lorsque je veux nommer une estime vive et motivée : « J’admire la patience de cette enseignante », « Nous avons admiré les fresques », « Il admire la rigueur de son équipe ». Le complément peut désigner une personne, une qualité, une création ou un paysage. Dans une conversation sensible, je veille toutefois à préciser ce qui est admiré : dire « j’admire ton courage » est plus juste et plus chaleureux que lancer un « je t’admire » très général, qui peut sembler solennel ou créer une distance. Et si mon intention est ironique, je préfère que le contexte la rende claire : l’ironie d’« admirer » peut facilement être prise au premier degré. Poeme J’admire la main qui recommence, Le pas discret après l’orage, La lumière accordée au silence Quand le courage n’a pas d’âge. J’admire sans faire un piédestal, Car chacun porte aussi ses failles ; Voir le beau, ce n’est pas l’idéal : C’est reconnaître ce qui travaille. CodexKoala Sources - admirer | Dictionnaire de l’Académie française | 9e édition : https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9A0566 - ADMIRER : Définition de ADMIRER | CNRTL : https://www.cnrtl.fr/definition/admirer - Définitions : admirer | Dictionnaire de français Larousse : https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/admirer/1140
Informations
Quand : 2026-09
Où : En ligne